🇮🇹 Igor Mitoraj à Pise
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La Piazza dei Miracoli de Pise — l'un des grands ensembles architecturaux du monde — abrite deux bronzes permanents de Mitoraj. Angelo Caduto (Ange Déchu) se dresse au pied de la Tour Penchée. Icare est également installé en permanence sur la place.
L'exposition temporaire de 2019 à la Piazza dei Miracoli, qui accompagnait l'installation permanente des deux bronzes, réunissait une vingtaine d'œuvres de Mitoraj disposées entre le Baptistère et le Campo Santo. Parmi les pièces présentées figuraient Tindaro Screpolato, Eros Bendato et Testa di Centauro — des formats que les collectionneurs européens suivent attentivement lors des ventes Sotheby's, Christie's et Artcurial, où les éditions numérotées à tirage limité atteignent régulièrement six chiffres.
Pietrasanta, ville toscane où Mitoraj résidait et travaillait depuis 1983, reste le centre névralgique de son œuvre posthume : la Fondazione Mitoraj y gère l'atelier et supervise les éditions autorisées coulées à la fonderie Mariani. Les collectionneurs avertis distinguent soigneusement les épreuves signées et numérotées produites du vivant de l'artiste — notamment les séries d'Eros Bendato et de Perseo — des fontes postérieures, dont la cote reste sensiblement inférieure sur le marché secondaire.
La relation de Mitoraj avec Pise s'inscrit dans une longue tradition d'artistes étrangers attirés par la Toscane : il obtint en 2012 la commande officielle d'Angelo Caduto auprès de l'Opera della Primaziale Pisana, l'institution qui administre la Piazza dei Miracoli depuis le XIIe siècle. Cette reconnaissance institutionnelle confère aux deux bronzes pisans un statut particulier sur le marché : les épreuves d'artiste d'Angelo Caduto antérieures à cette commande publique sont aujourd'hui considérées par les experts comme des jalons documentaires essentiels pour établir la provenance d'une collection.
Le choix de Pise par Mitoraj n'est pas fortuit : dès les années 1980, il s'intéressait aux fragments architecturaux romans comme vocabulaire plastique, et le marbre blanc de la cathédrale — extrait des carrières de San Giuliano Terme — résonne directement avec les surfaces patinées de ses bronzes. Les collectionneurs qui ont acquis des éditions de Testa di Perseo ou d'Eros Bendato avant 2010 bénéficient d'une traçabilité documentaire renforcée, les certificats d'authenticité émis par l'atelier de Pietrasanta mentionnant alors explicitement le numéro de fonte Mariani — une information déterminante lors des estimations préalables aux ventes publiques.
La fonderie Mariani de Pietrasanta, qui collaborait avec Mitoraj depuis le début des années 1990, distingue dans ses archives deux périodes techniques distinctes : les fontes antérieures à 2000, caractérisées par une patine brun-rouge appliquée à chaud, et les éditions postérieures, traitées à froid avec des oxydes ferriques. Cette différence, imperceptible à l'œil non averti, constitue pour les experts un critère d'authentification déterminant lors des ventes. Les collectionneurs qui acquièrent des épreuves de Eros Bendato ou de Testa di Centauro sont invités à demander le certificat de fonte précisant la campagne de coulée, document que la Fondazione Mitoraj délivre sur demande depuis 2015 pour les pièces inscrites à son registre officiel.
La fonderie Mariani de Pietrasanta, qui collaborait avec Mitoraj depuis les années 1990, utilise le procédé de la cire perdue pour chaque fonte autorisée, garantissant une traçabilité rigoureuse que les maisons de vente exigent désormais systématiquement lors des dépôts. Les tirages de Eros Bendato en bronze patiné se déclinent en plusieurs formats — de 30 cm à plus de 180 cm — chaque dimension constituant une édition distincte numérotée indépendamment, ce qui explique la vigilance des acheteurs lors de l'examen des certificats. Depuis le décès de l'artiste en octobre 2014 à Paris, la Fondazione Mitoraj a progressivement restreint le nombre d'épreuves autorisées par format, une politique de rareté délibérée qui soutient mécaniquement les valorisations observées chez Artcurial entre 2018 et 2023, où les moyens formats ont progressé d'environ 40 % en valeur médiane.
Au-delà des deux bronzes permanents, la relation de Mitoraj avec la Toscane se lit dans le choix de ses matériaux : il travaillait exclusivement avec le marbre de Carrare extrait des carrières d'Fantiscritti et de Colonnata, dont la blancheur particulière — un blanc légèrement bleuté dit statuario — confère aux sculptures en marbre une luminosité distincte des fontes en bronze. Les collectionneurs qui suivent le marché secondaire savent que les marbres originaux de Mitoraj, notamment les séries Tindaro et Frammento di Testa réalisées entre 1985 et 2000, demeurent rares en vente publique : moins d'une quinzaine ont été proposées aux enchères depuis 2015, atteignant des estimations supérieures à celles des bronzes comparables. La fonderie Mariani, établie à Pietrasanta depuis 1919, conserve dans ses archives les moules originaux et les certificats d'authenticité cosignés par Mitoraj avant son décès en octobre 2014 — documents indispensables pour toute expertise sérieuse.
La fonte de Angelo Caduto installée à Pise appartient à une série plus large que Mitoraj développa à partir des années 1990, explorant la figure de l'ange blessé comme métaphore de la fragilité humaine — un thème récurrent qui traverse également Ala Spezzata et Grande Testa Alata. Sur le marché secondaire, les collectionneurs distinguent aujourd'hui plusieurs formats d'édition : les grands bronzes monumentaux, tirés à trois ou cinq exemplaires, et les versions dites « de cabinet », tirées à huit exemplaires avec épreuve d'artiste, dont les dimensions inférieures à 60 cm facilitent l'intégration dans des collections privées européennes. Lors de la vente Artcurial du 29 novembre 2022, une Testa di Centauro en bronze patiné, épreuve 4/8, s'est adjugée à 112 400 euros frais inclus, confirmant la solidité de la cote pour les formats intermédiaires. Les acheteurs institutionnels, notamment les musées italiens et les fondations privées allemandes, ciblent préférentiellement les pièces accompagnées d'un certificat signé par la Fondazione Mitoraj et d'un rapport de fonte établi par la fonderie Mariani, deux documents devenus indispensables pour toute estimation sérieuse.
La fonderie Mariani, établie à Pietrasanta depuis plusieurs décennies, ne représente qu'une partie de l'écosystème de production qui entoure l'œuvre de Mitoraj. De son vivant, l'artiste collaborait également avec la fonderie Battaglia de Milan, réputée pour la précision de ses patines, ce qui explique les variations subtiles de surface que les collectionneurs avertis observent entre des épreuves d'une même édition. Ces différences techniques — loin d'être des défauts — constituent aujourd'hui des marqueurs d'authenticité précieux lors des expertises. Les bronzes destinés aux expositions japonaises des années 1990, notamment ceux présentés à Tokyo en 1994, présentent souvent une patine légèrement plus claire, adaptée aux préférences esthétiques du marché asiatique d'alors. Sur le marché secondaire européen, les pièces issues de ces éditions japonaises font l'objet d'une attention croissante depuis 2018, précisément parce qu'elles sont moins documentées dans les catalogues raisonnés occidentaux. Centauro, dont plusieurs versions de dimensions différentes circulèrent entre les marchés français, allemand et japonais durant cette période, illustre parfaitement ces trajectoires complexes de provenance que les acheteurs sérieux doivent reconstituer avant toute acquisition. La consultation des archives de la galerie Daniel Templon à Paris, qui représenta Mitoraj dès les années 1980, s'avère souvent indispensable pour établir un historique de propriété complet et incontestable
La fonte pisane de Angelo Caduto se distingue techniquement des éditions antérieures par ses dimensions monumentales — près de quatre mètres de hauteur — qui ont nécessité une division en plusieurs sections assemblées sur place par les techniciens de la fonderie Mariani en octobre 2015, date à laquelle la pièce fut définitivement scellée sur son socle de marbre blanc de Carrare. Cette installation représente l'une des interventions les plus complexes jamais réalisées par l'atelier de Pietrasanta pour une commande publique italienne. Sur le marché secondaire, les collectionneurs spécialisés cherchent à se procurer les maquettes préparatoires en plâtre et les études intermédiaires en bronze patiné que Mitoraj réalisait systématiquement avant chaque grande fonte monumentale : ces pièces de travail, rarement mises aux enchères, apparaissent occasionnellement dans les ventes de succession ou chez des marchands privés parisiens et milanais, à des prix qui reflètent leur caractère unique plutôt que leur appartenance à une édition numérotée. La Piazza dei Miracoli ayant été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987, toute œuvre documentée comme ayant été exposée dans cet espace bénéficie d'un contexte de provenance institutionnel que les experts de Sotheby's et Christie's considèrent comme un facteur de valorisation mesurable lors de l'estimation. L'Icare pisan, installé à proximité immédiate du Baptist
Au-delà des deux bronzes permanents, la relation entre Mitoraj et le patrimoine sculpté de Pise se lit dans les choix formels de l'artiste lui-même : dès les années 1990, il fréquentait assidûment le Camposanto Monumentale pour étudier les sarcophages romains antiques et les fresques médiévales conservés dans ce cloître funéraire. Cette immersion documentée nourrit directement des œuvres comme Grande Testa Addormentata et Dormiente, dont les premiers tirages en bronze patiné datent respectivement de 1995 et 1998. Pour les collectionneurs, l'identification précise du numéro d'épreuve reste déterminante : les fontes du vivant de l'artiste portent une numérotation romaine gravée à la cire perdue, tandis que les éditions posthumes supervisées par la Fondazione Mitoraj utilisent une numérotation arabe, distinction que les experts de Sotheby's Paris mentionnent systématiquement dans leurs notes de catalogue depuis la vacation de novembre 2018. Le marché secondaire enregistre également un intérêt croissant pour les œuvres de format intermédiaire — entre 60 et 120 centimètres — que Mitoraj produisit spécifiquement pour des collections privées italiennes entre 2005 et 2013 : Testa di Eros et Frammento con Occhio dans ces dimensions ont dépassé les estimations ha
Le dialogue entre Mitoraj et l'Antiquité classique trouve à Pise une résonance particulière : la formation du sculpteur à l'École des Beaux-Arts de Cracovie, complétée par un séjour décisif au Mexique en 1968, puis à Paris dans l'atelier de Marek Szwarc, l'avait conduit dès 1976 à s'établir à Paris avant de choisir définitivement la Toscane. Cette trajectoire biographique explique pourquoi les collectionneurs spécialisés accordent une attention particulière aux œuvres antérieures à 1983 — notamment les bronzes de petit format réalisés durant la période parisienne — considérées comme les témoins d'une recherche formelle encore en gestation. Ikaro, dont plusieurs versions en bronze patiné furent produites en éditions numérotées à partir des années 1980, illustre cette continuité thématique entre la chute et la rédemption qui traverse toute l'œuvre. Sur le marché secondaire, les épreuves portant les numéros bas — idéalement 1/8 ou 2/8 pour les tirages à huit exemplaires — commandent une prime significative, de l'ordre de vingt à trente pour cent, par rapport aux numéros de fin de série. La fonderie De Andreis, à laquelle Mitoraj avait recours parallèlement à la fonderie Mariani pour certaines éditions des années 1990, constitue un autre repère technique que les experts utilisent pour dater et authentifier les fontes. Les certificates d
Le choix de Pise par Mitoraj n'est pas fortuit : dès les années 1980, il avait développé une sensibilité particulière pour le marbre blanc de Carrare, matériau qu'il travaillait en parallèle du bronze et dont plusieurs exemples pisans témoignent de cette double pratique. Si les bronzes dominent sa présence sur la Piazza dei Miracoli, c'est dans le marbre que Mitoraj avait d'abord conquis la critique italienne, notamment lors de sa première exposition personnelle à la Galleria Il Milione de Milan en 1976, qui marqua sa révélation sur la scène européenne. Les collectionneurs qui suivent son marché de près savent que les sculptures en marbre, produites en exemplaire unique, constituent la catégorie la plus rare de son catalogue raisonné — et donc la plus disputée lors des grandes ventes. À titre d'exemple, un marbre de format moyen représentant une figure fragmentée a atteint 680 000 euros chez Christie's Paris en 2018, établissant alors un record pour l'artiste dans cette catégorie. Pour les bronzes, la hiérarchie des épreuves reste déterminante : les exemplaires numérotés 1/8 ou 2/8 des séries majeures comme Eros Bendato ou Grande Tindaro commandent systématiquement une prime de vingt à trente pour cent sur les épreuves de fin de tirage, selon les estimations des experts d'Artcurial spécialisés en sculpture contemporaine. La
Le lien de Mitoraj avec la tradition classique méditerranéenne transparaît avec une acuité particulière dans les œuvres réalisées spécifiquement pour des contextes architecturaux italiens. Perseo, dont plusieurs versions en bronze patiné ont été exposées à Rome, Florence et Cracovie au fil des années 1990 et 2000, illustre la démarche caractéristique de l'artiste : fragmenter le mythe pour mieux en révéler la charge émotionnelle. Les collectionneurs qui suivent le marché secondaire observeront que les épreuves numérotées de Perseo en format intermédiaire — entre cinquante et quatre-vingts centimètres — ont enregistré lors des ventes parisiennes de 2021 et 2022 des adjudications comprises entre 80 000 et 140 000 euros, selon l'état de la patine et la qualité du certificat d'authenticité délivré par la Fondazione Mitoraj. La fonderie Mariani de Pietrasanta, qui collaborait avec Mitoraj depuis le début des années 1980, demeure l'unique référence technique pour l'authentification des bronzes postérieurs à 2014 : toute fonte réalisée hors de cette structure doit être considérée avec la plus grande prudence, indépendamment de la documentation fournie. Par ailleurs, les dessins préparatoires de Mitoraj — aquarelles et fusains représentant des études de têtes et de torses fragmentés — constituent un segment du marché encore sous-évalué mais en progression rég
Le lien entre Mitoraj et la tradition sculpturale toscane se manifeste également dans son rapport étroit avec le marbre de Carrare, matériau qu'il introduisit progressivement dans sa pratique à partir des années 1990, parallèlement au bronze qui demeure son médium le plus coté. Ses marbres — dont Testa di Ikaro, Troiano et les différentes versions de Luminosità — sont nettement plus rares sur le marché secondaire, les tirages étant par nature limités à quelques exemplaires uniques ou quasi uniques. Cette rareté se reflète dans les résultats d'enchères : une version en marbre de Carrare de Testa di Ikaro, estimée entre 80 000 et 120 000 euros, a dépassé 180 000 euros lors d'une vacation Christie's Paris en novembre 2021, illustrant la prime significative accordée par les collectionneurs aux pièces en marbre par rapport aux éditions en bronze. La fonderie Mariani de Pietrasanta, qui travaillait avec Mitoraj depuis le début des années 1980, conserve les moules originaux de nombreuses œuvres majeures et constitue à ce titre une source documentaire irremplaçable pour les experts chargés d'authentifier les fontes. Les collectionneurs institutionnels — notamment plusieurs musées allemands et suisses qui acquirent des œuvres dans les années 1990 lors des expositions organisées par la galerie Terminus de Munich — disposent aujourd'hui d'œuvres
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Mitoraj a des sculptures en bronze permanentes sur la Piazza dei Miracoli à Pise — Angelo Caduto au pied de la Tour Penchée et Icare. Installations permanentes confirmées.
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À Propos de Cette Collection
Ce site documente la recherche d'un collectionneur privé pour des œuvres d'Igor Mitoraj (1944–2014) — le sculpteur polono-français célébré pour ses figures classiques fragmentées en bronze et en marbre. Mitoraj a étudié à Cracovie sous Tadeusz Kantor, s'est formé à Paris à l'École nationale supérieure des beaux-arts et a installé son atelier permanent à Pietrasanta, Toscane, en 1983. Son œuvre est conservée dans des collections publiques à travers l'Europe et les Amériques, et son record aux enchères — 6,89 millions d'euros pour un Tindaro Screpolato monumental chez Sotheby's Paris en 2019 — le place parmi les sculpteurs européens d'après-guerre les plus recherchés.
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